Le réquisitoire de Madame la Procureure Générale du 3 février 2026 demandait la réouverture des débats
parce que le Ministère public considérait, à l’écrit, que la trace ADN de Luc BESSON retrouvée à un endroit
précis du sous-vêtement de la victime, qui n’avait jamais été analysé à cet endroit, constituait une charge
nouvelle.

Lors de l’audience du 2 juin 2026, à rebours des réquisitions écrites et du principe du contradictoire, la
représentante du même Ministère public a requis, après la plaidoirie pour la partie civile, en parfaite
sympathie avec la défense de Luc BESSON, en relativisant la signification de cette trace ADN. La
représentante du Ministère public a déclaré ex abrupto « on ne pourra jamais savoir ».

Le ministère public, dont l’indivisibilité constitue l’une des garanties démocratiques du procès pénal, s’est
montré sinon duplice, en tout cas incohérent. Quelle que soient les thèses des parties au procès pénal, l’on
attendait du ministère public qu’il privilégiât la recherche de la vérité.

Il semble au contraire que le parquet à l’audience et à sa suite la Chambre de l’instruction, aient voulu ici
encore et toujours éviter la recherche de la vérité. C’est toute l’affaire BESSON, une volonté constante tout
au cours des enquêtes d’anéantir les indices ou les charges qui accablent pourtant le mis en cause pour
stigmatiser faussement la victime. L’arrêt rendu ce jour par la Chambre de l’instruction ne constitue que le
dernier avatar de ce tropisme. La Chambre de l’instruction a au moins un mérite, c’est le seul, celui de la
cohérence avec sa décision précédente et celles de sa présidente. E pur si muove. Et pourtant, tout dans le
dossier montre que la version donnée des faits par Luc BESSON est impossible et que celle de la victime est
avérée.

Lorsque l’on veut éviter la recherche de la vérité, on lorsqu’on la néglige, c’est toujours le principe d’égalité,
corollaire de notre État démocratique, qui est sacrifié, et avec lui, les plus faibles : les femmes, les enfants,
les étrangers, les pauvres…

La décision de la chambre de l’instruction est d’ores et déjà frappée d’un pourvoi, il sera intéressant
d’observer quelle sera la réaction du Ministère Public, la cohérence voudrait qu’il suive sur ce pourvoi,
conformément à ses réquisitions écrites. Nous n’attendons rien, ou nous nous attendons à tout, dans cette
procédure foncièrement anomale et anormale.

Je ne connais pas de situation en procédure pénale où une juridiction d’instruction, fût-elle la chambre de
l’instruction, pourrait décider de ne pas instruire lorsqu’elle en est requise par le Ministère Public. L’arrêt
rendu ce jour porte atteinte, entre autres, au principe de séparation des autorités de poursuite et des
autorités d’instruction. La chambre de l’instruction ne pouvait pas procéduralement et au regard des
garanties juridictionnelles effectives, refuser de réouvrir.

Nous restons extrêmement sereins sur la suite parce que nous restons extrêmement confiant dans notre
capacité à mobiliser la structure ontologiquement démocratique de l’institution judiciaire, nourrie par la
CEDH, quelle que soient les errances parfois calamiteuses des gens de justice. Ce n’est maintenant qu’une
question de temps. L’Autorité judiciaire est un pilier de notre démocratie, elle ne saurait durablement
demeurer dans l’obscurité et l’obscurantisme et continuer à préjudicier à la victime, l’œil rattrape toujours
Caïn.